Intéressant article lu ce soir sur CNET.com. Dans
son papier, le collègue David Carnoy met en lumière les difficultés du Full HD à convaincre en matière de rendu. OK, la résolution est bien plus grande que l'existant mais voilà, les tests du labo montrent que les différences entre le 1080p et le 1080i, à partir de téléviseurs différents et d'un même lecteur Blu-Ray avec le film Mission: Impossible III ne sont pas exceptionnelles. Pire, même la différence entre les résolutions 1080i et 720p n'est pas flagrante.
Les enjeux commerciaux autour de la HD font en effet oublier quelques principes fondamentaux d'optique. Désolé de faire mon terre à terre mais au delà du bouillonnement technologico-commercial, un principe de base a été oublié. Un principe physique qu'on enseigne encore en Terminale C... Qu'on ne s'y trompe pas, si la vidéo et la télévision existent, c'est bien parce que l'œil humain constitue une machine optique doté de bon nombre de défauts. On oublie en effet un peu vite les trois notions fondamentales qui rendent possible le cinéma et la télévision : la trichromie, la persistance rétinienne, et le pouvoir séparateur de l'œil.
Un peu de physique
Pour la première notion, rien de bien compliqué, avec trois couleurs primaires, on en fait plein d'autres, c'est la synthèse additive. Le courant
pointilliste dans l'art pictural en constitue une brillante démonstration, et ce bien avant toute invention technologique et télévisuelle...
La persistance rétinienne est bien plus intéressante. Pour faire simple : sans ce défaut, point de vidéo. En effet, Si le temps entre deux images successives est inférieur à 1/10 de seconde, l'oeil a une impression de la continuité. C'est la base du cinéma.
Le pouvoir séparateur quant à lui définit la distance minimale entre deux points que l'œil est capable l'œil est capable de distinguer. En fait, il s'agit d'une mesure angulaire. Ainsi, pour un œil en bonne santé on définit le pouvoir séparateur de l'œil à environ 1/60°. Autrement dit, si deux points sont moins écartés que ça, l'œil n'en voit qu'un seul sur les deux.
Compression
A cela, il faut ajouter les problématiques de compression des données. Le Bluray reste du MPEG2, certes à haute résolution, mais en qualité de compression MPEG2, avec tous les artéfacts que cela comporte. On rejoit ici le vieux débat sévissant dans le monde des appareils photo numériques. En effet, cinq ans auront permis de multiplier par 6 la résolution des capteurs (soit dit en passant : du pain béni pour les feuilles de specs des
shopping engines...), mais voilà, deux années supplémentaires auront été nécessaire pour qu'on s'interesse à ce qui fait vraiment la qualité d'une image : l'optique et le traitement informatique du signal.
Alors ?
Considérant tout ceci, j'ai tendance à penser que le Full HD pour le grand public (comprenez par là sur des écrans de "taille raisonnable") constitue une vaste blague. Augmenter la résolution à tout va, c'est bien, mais à quoi bon si l'oeil ne suit plus ?
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