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Google+ : des cercles, des amis, des discussions… et après ?

8 août 2011 Par Benoit Darcy 1 465 lectures Pas de commentaire
Google+ : des cercles, des amis, des discussions… et après ?

Publié initialement sur mon blog ZDNet.fr le 7 juillet 2011 – Impossible de manquer la déferlante de la semaine écoulée : après deux essais infructueux dans « le social » (Wave et Buzz), Google revient avec cette fois un réseau social plus classique : Google+. L’apparence est familière : des pages profils, un flux d’activité, des contenus qu’on partage, des amis qu’on ajoute et qu’on catégorise. Si certains hurlent à la copie de Facebook, d’autres se réjouissent que la guerre est ainsi déclarée, d’autres encore s’interrogent sur la pertinence de l’ensemble sur le thème du « beaucoup de bruit pour pas grand chose ».

Cette fois, Google dispose d’un large panel d’assets pour imposer son réseau social à la terre entière. Gmail d’abord, et ses 180 millions d’utilisateurs. Son moteur de recherche ensuite, dont l’interface à été adaptée pour l’occasion, avec cette barre noire qui vous place en haut à gauche un accès direct à votre homepage de Google+ et en haut à droite, vos notifications. Enfin, Google va déployer dans les jours qui viennent quelques aménagements qui visent à générer du trafic et de l’adhésion sur Google+, quitte à ne pas ménager ses utilisateurs.

Mon profil Google +

C’est ainsi qu’au 31 juillet, il ne sera plus possible de disposer d’un profil Google privé. C’est ainsi également que les services satellites de Google (Picasa et Blogger notamment) vont changer de nom pour devenir les très originaux « Google Photos » et « Google Blogs » et s’intégrer de manière plus profonde au réseau. Plus tard encore, on peut parier sur la capacité de Google à fédérer les développeurs autour de son réseau social par le biais d’accès à des APIs permettant d’interagir avec les données des utilisateurs, voire avec les utilisateurs eux-mêmes une fois les questions de droits d’accès aux données privées résolues. Ce que Facebook fait déjà depuis près de 5 ans avec les applications me direz vous. En effet.

« A qui profite le crime ? »

Soyons pragmatiques, une fois le buzz passé, chacun prendra du recul sur Google+. Apparaîtront alors les vraies questions avec en tête celle-ci : « Quel est l’intérêt ? ». Une fois vos amis agrégés une nouvelle fois au sein de ce nouveau service, irez-vous dupliquer votre activité « historique » de Facebook sur Google+ ? Et ce, à supposer que tous vos amis – patiemment convertis à Facebook au fil des années – aient adopté Google+ en moins de temps qu’il ne faut pour le dire… A moins de faire le choix de redémarrer de zéro ? Ou de démarrer une nouvelle vie sociale ?

Autre question, corollaire : « Quel est l’intérêt marketing de la chose ? ». Ces dernières années, Facebook a défriché le terrain , le seul véritable intérêt marketing du réseau réside dans la génération de trafic qualifié. C’est la quintessence de la puissance de Facebook. C’est aussi le premier argument commercial du réseau. Le social graph (la somme des interactions entre les membres qui permet de définir pour chacun la pertinence des contenus présentés à l’utilisateur) n’est finalement qu’une structure mise au service de la génération de trafic et de la qualification de profils.

L’histoire de l’Internet moderne est régie par le principe du First Mover Advantage. Force est de constater que Facebook dispose d’une large avance. Technologique d’abord, avec une offre de fonctionnalités pour chaque maillon de la chaîne : utilisateur particulier, utilisateur professionel, marque. Humaine, ensuite : le réseau a en effet réussi à qualifier à ce jour plus de 750 millions de profils (rappelons que la population mondiale s’élève à environ 7 milliards d’individus dont 40% accédera à Internet en 2015 selon Cisco…).

Depuis leur inscription sur Facebook, tous ces gens écrivent dans le social-graph du réseau à coup de likes, de commentaires, d’ajouts d’amis… Si des outils permettent d’exporter ses amis Facebook pour les réimplanter bon an mal an dans Google+, le contenu du social graph lui n’est pas transférable. Combien de temps mettra donc Google+ à devenir pertinent pour vous, utilisateur lambda ? De plus, il semblerait d’après les tests de Search Engine Land que la fonction « +1″ n’influe pas (encore) sur le social graph. Est-ce bien raisonnable ?

Mark Zuckerberg et Eric Schmidt au G8 (Deauville, Mai 2011)

Des enjeux en milliards

Si Google a régné en maître pendant une décennie, Facebook a pour la première fois menacé le géant jusqu’alors inatteignable. Non pas en terme de trafic mais en capacité à retenir l’attention de millions de paires d’yeux. Ce paramètre est important voire fondamental puisqu’il est directement relié aux revenus publicitaires. Voici quelques chiffres (sources : Bloomberg et bilan Google) qui montrent qu’aujourd’hui, Google a encore le temps de voir venir.

  • Revenus publicitaires de Twitter en 2010 : 50 millions de dollars
  • Revenus publicitaires de Twitter en 2011 (forecasté) : 150 millions de dollars
  • Revenus publicitaires de Facebook en 2010 : 1,86 milliard de dollars
  • Revenus publicitaires de Facebook en 2011 (forecasté) : 4 milliards de dollars
  • Revenus totaux de Google en 2010 : 29 milliards de dollars

Toutefois, lorsqu’Eric Schmit lâche son fameux « I screwed up » (« j’ai merdé ») à la conférence d’All Things Digital début juin, on comprend les gigantesques enjeux derrière ces mouvements, et l’urgence que Google éprouve à peser enfin de le Web social, là même où pour l’instant, se focalise l’attention des internautes.

Aujourd’hui Google+ est lancé, mais le géant de Mountain View n’est encore finalement que l’éditeur de services à succès dans le Web d’aujourd’hui : recherche, vidéo, email, documents, etc.

Quelle sera sa position dans le Web de 2015, lorsque 2 terriens sur 5 seront reliés à Internet « partout » et « tout le temps » et interagiront par ce biais ?


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