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Rock en Seine 2010, jour 3 : une bonne découverte et une bonne surprise

2 septembre 2010 Par Benoit Darcy 2 436 lectures Pas de commentaire
Rock en Seine 2010, jour 3 : une bonne découverte et une bonne surprise

Troisième journée de Rock en Seine, et la fatigue commence à sérieusement se faire sentir. On se jure d’arriver pour 15h afin d’assister au concert de The Temper Trap. Peine perdue. La journée commencera donc avec Eels. La dernière fois que j’avais vu ce groupe en concert remonte à 99, lors d’un concert d’un soir, à RTL. Autant dire que ce fût un plaisir de retrouver Mark Oliver Everett et les siens y aller de leurs bonne vieilles gammes de Blues qui tâche. Et de mesurer la diversité qui est maintenant celle de Rock en Seine puisque la même scène avait accueilli deux jours plus tôt les rappeurs latino-americains de Cypress Hill. Barbes vissées sur le visage, guitares en main, Eels livre un show sans concessions. Pas de place aux fioritures, l’ensemble se veut brut, s’apprécie comme tel ou ne s’apprécie pas, mais ne peut pas laisser indifférent. Le set comportera toutefois trois reprises : le She said Yeah des Stones, l’approprié Summer in the City de Lovin’ Spoonful (et joué au tempo original…) et le magnifique Summertime de Gershwin. De quoi séduire les derniers récalcitrants.

Direction la scène de l’industrie pour I Am Un Chien. N’ayant encore jamais vu le groupe en concert mais ayant toutefois beaucoup accroché sur Monopolize ou Don’t Shoot My Little Baby, j’avais hâte de juger sur pièce leur set live. Autant dire que je me suis retrouvé au beau milieu d’un dancefloor en plein jour ou la sécurité tentait en vain de contenir l’entrain des multiples crowdsurfeurs jonchant la foule. Je pense sincèrement que ça bougeait moins pour Blink 182, tête d’affiche de la première journée…

I am Un Chien

Scène identique mais changement d’ambiance avec Rox, la bonne découverte de la journée. Elle est signée sur Rough Trade (Beggars) au Royaume Uni, ce qui constitue déjà un gage de qualité. Rox évolue dans un style néo Soul – disons-le, parfois très Pop – avec une voix rap pellant tantôt une Lauryn Hill, tantôt une Eva Cassidy. Son album Memoirs comporte même quelques perles. Écoutez par exemple No Going Back ou I Don’t Believe. Si Amy n’avait pas bêtement crâmé le retour en force du genre, ces titres pourraient prétendre au trône…

Rox

Fat Freddy’s Drop sur la scène de la Cascade passera finalement à la trappe. Privilégiant une intéressante discussion au déroulement des festivités, je me retrouve allégrement devant les Wave Machines pour là encore un concert de très bonne qualité. Découverts un peu avant leur prestation au festival des Inrocks l’an dernier, j’avais de suite été séduit par leur titre phare Keep the Lights on. L’écoute de Wave If You’re Really There avait confirmé cette très bonne impression. Une vraie valeur sûre de la scène Alternative. On souhaite le meilleur à ce groupe de Liverpool et on les remercie pour ce bon moment passé en début de soirée, à Rock en Seine.

Retour sur la grande scène, où je me retrouve devant les 4 ou 5 derniers morceaux des Ting Tings, Shut Up and Let Me Go compris. Le set s’achèvera sur un That’s Not My Name insipide, laissant une franche impression de contre-performance… La bonne surprise viendra, une fois n’est pas coutume, d’un sexagénaire. Bryan Ferry, pour ne pas le nommer. Une chance que de voir Roxy Music sur scène, plus de 25 ans après leur séparation !
Dans une classe très anglaise, costume chic et attitude travaillée, Bryan Ferry propose une formation renforcée d’un guitariste supplémentaire et de quelques choristes. Il y’a du monde sur scène, la moyenne d’âge est la plus élevée de la journée, néanmoins l’ensemble reste bien vivace. Quelques bons moments parsémeront le show, en particulier A Song for Europe, et ses fameuses paroles en français. L’apothéose sera atteinte lors du dernier morceau : une splendide reprise de Jealous Guy – en réalité, la seule qui tienne vraiment la route… – d’un John Lennon qui aurait eu 70 ans ces prochains jours… Vous avez dit légendes ?
Avec un Bryan Ferry parfois too-much, mais souvent juste, un Phil Manzanera aux interventions pertinentes en solo comme en rythmique, Roxy Music valide sa reformation. Et de loin. Du pain béni pour la jeune audience de Rock en Seine qui aura pu phosphorer, ce dimanche, sur un sujet de fond : l’incarnation de la classe dans le Rock anglais des années 70.

Bryan Ferry (Roxy Music)

Déjà l’heure de rejoindre Arcade Fire, LA conclusion de cette édition 2010. Comme en 2007, cette famille nombreuse de l’indie Rock canadien s’étale sur la Grande Scène dans un foutraque ensemble instrumental dont la cohérence sonore a fait sa réputation. Habile mélange de Funeral, Neon Bible (et son superbe No Cars Go), le set comprend bien entendu des titres du dernier album en date The Suburbs. C’est d’ailleurs sur Rococo, l’un des titres du nouvel album, que le groupe est contraint de s’arrêter de jouer, la pluie étant jugé trop importante. Après un flottement d’une dizaine de minutes, qui verra le départ des spectateurs les moins motivés – ou les plus mouillés – on couvre les amplis de bâches et le groupe se resserre pour interpréter une extraordinaire version de Wake Up reprise en chœur par plus de 30.000 personnes. Le groupe descendra dans la fosse saluer son public resté fidèle sous les caprices célestes.

Un festivalier a capturé cet Instant Live et l’a posté sur YouTube le lendemain matin. Ainsi s’achève cette huitième édition de Rock en Seine.

Rock en Seine 2010 : comptes-rendu et photos


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