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Rock en Seine 2005 : les meilleurs moments !

27 août 2005 Par Benoit Darcy 3 471 lectures Pas de commentaire
Rock en Seine 2005 : les meilleurs moments !

La troisième édition du festival Rock En Seine s’est tenue les jeudi 25 et vendredi 26 août, deux jours pendant lesquels les concerts se sont succédés réunissant des invités prestigieux tels les Pixies ou Robert Plant, et de jeunes groupes inconnus venus ici affronter le public. Un public qui d’ailleurs s’est déplacé en masse puisque l’organisation a enregistré la participation de près de 50000 festivaliers. Créé en 2003, Rock En Seine n’a jamais cessé de prendre de l’ampleur. En 2004, sa durée passe d’une journée à deux jours. En 2005, le nombre de scènes passe de deux à trois.

Quant à un Rock En Seine sur trois jours en 2006, François Missionnier, organisateur, souhaite temporiser : « Si on reprend l’historique en trois ans, en 2003, ça a été un jour, deux scènes, en 2004, deux jours, deux scènes, cette année c’est deux jours, trois scènes, donc on aurait pu parier sur un trois jours, trois scènes pour l’an prochain mais je crois que l’on va plutôt temporiser et rester calme. On va consolider ce qu’on a proposé cette année. A moyen terme, bien évidemment, pourquoi pas rajouter une journée, si les possibilités artistiques sont là… ». Et force est de constater que ces deux jours furent intenses. Intensité, voilà d’ailleurs un mot qui sied parfaitement à Rock En Seine. Vous allez comprendre pourquoi en lisant ce compte rendu qui vous fera vivre ou revivre les meilleurs moments du festival…

Le rock en images

Tel est le crédo de Philippe Levy qui exposait quelques uns de ses clichés sur le festival, succédant ainsi à Claude Gassian, invité de l’édition précédente. En 1981, Philippe Levy, alors agé de 14 ans assiste à Mogador au concert des Clash. Un choc esthétique fondateur d’une vocation. Il a depuis photographié les plus grands et pas seulement les icones du Rock. De Kurt Cobain à Laurent Garnier, il a prouvé l’étendue de son talent en multipliant les collaborations prestigieuses. Près de cinquante tirages grand format était exposés sur le site pour le plus grand bonheur des festivaliers qui pouvaient s’y attarder entre deux concerts où tout simplement y jeter un coup d’oeil en se rendant d’une scène à une autre.

Le rock en strophes

Introduit en 2004 et reconduit cette année, le concours Rock en Strophes s’articulait cette fois en deux phases. D’abord l’écriture d’un texte de chanson et ensuite la mise en musique de ce texte. Les habitants de Saint-Cloud, Vaucresson et Garches ont ainsi pu proposer leur texte jusqu’au 7 mars, date à laquelle le jury de Rock en Strophes, présidé par Jacques Higelin, a élu le texte gagnant. Avec La Ville, c’est Alain Amariglio, Clodoaldien de 40 ans qui a remporté la première partie du concours. Depuis début avril, c’était au tour de tous les musiciens d’Île-de-France de s’emparer de ce texte pour en composer la musique. Le 8 juin dernier le jury a rendu sa copie en désignant les cinq vainqueurs qui pourront enregistrer leur titre dans un studio d’enregistrement professionnel.

Les meilleurs moments

Avec près de trente groupes jouant durant les deux jours, opérer une sélection des meilleurs moments du festival s’avère difficile, néanmoins quelques incontournables s’imposent :

  • Queen Of The Stone Age
  • Pixies
  • Baby Shambles
  • Foo Fighters
  • Robert Plant
  • Franz Ferdinand

Queens Of The Stone Age : gros son et conformisme…

Les QOTSA sont cette année de tous les festivals. Invités de la grande scène aux dernières Eurockéennes de Belfort en juillet, il remettent le couvert à Rock En Seine et continuent leur tournée mondiale en compagnie des Nine Inch Nails dont ils assurent les premières parties. Cette nouvelle formule avec un nouveau bassiste et Josh Homme à la guitare/chant remplaçant Mark Lanegan laisse perplexe.

Aux climats étherés de quelques titres, les Queens Of The Stone Age ont ajouté dans leur setlist des morceaux plus tranchés, flirtant sans problème avec le métal. Les kids sont ravis mais tout cela a un air de déjà vu. Certains breaks rappellent honteusement les titres phares de System Of A Down, le groupe s’essoufflerait-il ? Un show sans grand relief, ce n’est pourtant pas ce que leur récent album Lullabies to Paralyze sorti en mars dernier laissait présager…

Pixies : puissance et maîtrise sans compromis

Ils s’étaient tous donnés rendez vous le jeudi soir. Tous. Quadras fans de la première heure ou minets nourris au souvenir, tous ou presque se sont souvenus que 2005 marque un tournant dans l’histoire de Pixies. En effet, c’est cette année que Franck Black passe le cap de la quarantaine… C’est que la création des Pixies remonte à 1987 et en près de vingt ans – et malgré une rupture en 93 – le quatuor de Boston, réuni depuis 2004, a eu le temps d’enchaîner les tubes. A l’instar des moments magiques de ce concert qui venait cloturer avec brio une première journée de festival déjà bien remplie. On entame le deuxième quart d’heure et les hoo hoo de Kim Deal sont repris par plus de 20000 personnes. C’est Where’s My Mind, et la communion avec le public est totale.

Et quand les premières notes de Monkey Goes To Heaven s’échappent de la Telecaster de Franck Black, l’hystérie gagne la foule… L’intensité n’a fait ensuite que gravir vers les cîmes. Un leader en état de grâce. Une Kim Deal au verbe flamboyant. Un Joey Santiago brulant sa guitare sans jamais la calciner. Pari réussi pour les organisateurs, les Pixies ont mis le feu. Vendredi matin, le réveil fût difficile et matiné de quelques refrains acérés, mais c’est une autre histoire…

Baby Shambles : un bon show et quelques frasques au rendez-vous !

Pete Doherty est un être surprenant. Ceux qui s’attendaient à une annulation de la performance des Baby Shambles à Rock En Seine auront eu tort. Tout comme ceux qui ont pris le parti de le crucifier systématiquement. Oui, il a craché sur son guitariste. Oui, il a pissé sur son public (ou presque). Oui, il a cassé du matériel. Mais quel show ! L’énergie punk à l’état pur.

Un Fuck Forever étincelant et Doherty réussit son hold-up en ce vendredi après midi ensoleillé. Les jeunes fans sont aux anges. Ils n’iront pas voir Robert Plant ce soir mais auront eu leur lot d’éructations et des décibels plein les oreilles. Et une bonne bagarre à la fin du concert. (presque) surprenant…

Foo Fighters : maturité et sincérité, le secret bien gardé de Dave Grohl

Qui aurait pu prédire du destin de Dave Grohl à la mort de Kurt Cobain au printemps 94 ? Talentueux, il l’est. Humble, il l’est. Incontournable, il a toutes les qualités pour le devenir… Les Foo Fighters fêtent cette année leurs dix ans de carrière et leur double album In Your Honour est celui de la maturité. Celui des rencontres aussi, avec Norah Jones ou John Paul Jones, venus prêter main forte au groupe sur la galette acoustique du double.

J’ai pu rencontrer les Dave Grohl et Taylor Hawkins avant le show de vendredi soir, l’occasion de revenir sur tout ça. « Norah Jones est incroyable, c’est une musicienne extraordinaire, probablement la plus talentueuse avec qui j’ai collaboré jusqu’à aujourd’hui. Elle joue merveilleusement le jazz au piano et possède une voix magnifique. Ce fût un plaisir de travailler avec elle. Elle a en plus beaucoup d’humour et sait rester très modeste, ce que j’apprécie beaucoup ! » confie Dave. Et quand on évoque la participation de John Paul Jones, la réponse est claire : « C’était mieux encore. Quand on prend conscience des disques qu’il a réalisé, on se dit que c’etait vraiment très sympa de sa part d’accepter de venir jouer sur In Your Honour… ».

Tournée et festivals

La maturité, les Foo Fighters l’ont acquise à grand renfort de concerts. Présents dans pratiquement tous les festivals Rock de l’été en Europe, il n’avaient pourtant pas mis les pieds sur le sol français depuis trois ans. « Nous sommes très contents de jouer à Paris. Ce n’était pas arrivé depuis trois ans. La météo est correcte, il ne pleut pas, on va passer un bon moment ». Les quatre américains n’auront eu de toutes façons pas beaucoup de temps pour le reste, puisqu’ils reprennaient l’avion après le show pour un assurer un concert le lendemain, à Londres. Le concert fût un moment rare. Dave Grohl s’impose plus que jamais comme un leader.

Le temps des complexes est révolu, chacun assume son rôle dans cette pièce Punk/Rock aux allures de machine de guerre. Point de reprise d’Oasis comme lors de cette BBC Session à Londres où la production leur avait demandé de reprendre un « hit du moment ». Point de reprise de Coldplay non plus précise Taylor Hawkins. «On a bien essayé, pour rire, mais le piano, c’est vraiment trop chiant ! ». On retiendra plutôt cette interprétation très calme d’Everlong, un moment de grâce qui fera date. Une foule médusée. Plusieurs dizaines de milliers de personnes écoutant religieusement les notes à peine crunchy distillées par la Firebird de Dave. Et comme dit quelques heures plus tôt lors de notre rencontre, les Foo Fighters se sont envolés pour Londres après une heure de show et un rappel. Inoubliable.


Robert Plant : le temps de Led Zeppelin est bel et bien révolu

Robert Plant n’est pas Led Zeppelin, on le savait déjà. Difficile pourtant de faire totalement abstraction d’une telle carrière, surtout quand l’homme prend un malin plaisir à réorchester d’anciens titres du Zep pour ses tournées… On connaît sa passion pour l’Afrique en particulier pour le Maroc, et c’est fort logiquement que le set s’ouvre, avec des musiciens du cru, sur un No Quarter rappellant fortement la version de l’album live Unledded.

J’ai toujours eu un problème avec cette version. En effet, elle est pour moi amputée de tout ce qui fait le charme de la chanson en particulier la puissance de son refrain lancinant… Shine It All Around, du dernier album Mighty Reanrranger, permet ensuite d’apprécier les qualités des musiciens. Robert Plant a su s’encadrer et on ne peut que reconnaitre le talent du guitariste Justin Adams et du jeune bassiste Charlie Jones. Puis vient le moment de Black
Dog
. Mais où est passé le riff ?

Ce n’est que la troisième chanson du show mais déjà les fans inégristes de Led Zep s’en vont voir Franz Ferdinand sur
l’autre scène… Ils ont tort, le Freedom Fries qui suit amorce un tournant. Le son se durcit, le volume augmente. La direction se confirme plus tard avec un Four Sticks flamboyant. The Enchanter, une chanson du nouvel album clot admirablement le set et après queqlues minutes c’est l’apothéose.

Un Whole Lotta Love repris totalement dans l’esprit de l’époque. Une fois de plus l’hystérie est au rendez vous dans le public et le goût amer laissé par Black Dog ou No Quarter en début de concert s’efface de façon magistrale…


Franz Ferdinand : déjà l’album de la maturité ?

En moins de deux ans les écossais de Franz Ferdinand sont devenus des incontournables de la scène rock internationale et c’est fort logiquement que le groupe concluait cette troisième mouture de Rock En Seine. Evoluant
sur une scène surmontée en arrière plan d’un énorme panneau à leur effigie, les quatre garçons de Glasgow ont sû
séduire leur public en mélant dans leur setlist des morceaux du nouvel album à paraitre début octobre à leurs tubes interplanétaires du premier album.

Rencontré quelques heures avant le concert, le chanteur Alex Kapranos s’exprime quant au « phénomène » Franz Ferdinand. « Je dois avouer que nous sommes tous les quatre très surpris de ce qui nous est arrivé car on ne s’est jamais vraiment pris au sérieux. Aucun n’avait l’ambition de devenir célèbre, on voulait juste devenir un groupe faisant de la bonne musique, mais vraiment rien de plus ! La presse anglaise possède une très grande influence. D’une certaine manière elle fait et défait les groupes. Nous nous sommes jamais vraiment interessés à notre image, nous avons juste continué à écrire des chansons composer des musiques, même en tournée…».

Aujourd’hui, le succès est au rendez-vous et il y a fort à parier que le second album You Could Have It So Much Better enfonce le clou… Dans tous les cas, le titre ne laisse pas indifférent. « Ironique ou arrogant ? Je ne sais pas, le titre est ouvert et laisse libre court à l’interpretation de chacun. Irronique, arrogant, ou tout à la fois !» s’amuse Alex. Concernant l’album lui-même, nous avons pu en entendre pas moins de cinq extraits lors du concert : What You Meant, I’m Your Villain, Do You Want To, Evil And A Heathen et, en rappel, You Could Have It So Much Better. «
Cet album a une portée plus grande que le précédent, les chansons y sont plus variées, il y a plus de confidences aussi. »
.

Hélas, il n’y avait aucune balade dans la setlist, il vous faudra donc patienter jusqu’au 4 octobre pour découvrir ces nouvelles chansons… Aucune balade, et de l’énergie à revendre. Tout au long du concert, Alex Kapranos a multiplié les interventions. A n’en pas douter, il s’affirme en tant que leader, travaille son public, et en français de surcroît ! Alex parle pourtant beaucoup mieux français qu’il le laisse entendre. Lorsqu’on lui demande en interview de dire quelques
mots en français, celui-ci répond non sans humour « Bonjour, je m’appelle Alex , j’ai 12 ans, j’habite à Glasgow et j’ai oublié ma règle », alors que sur scène, il présente les chansons en français, introduit ses accolytes avec quelques jeux de mots dans la langue de Molière. Une présence remarquable et remarquée.

Un dernier rappel (This Fire) est venu clore un show où la maturité devient une évidence. Et dire que Franz Ferdinand n’en est seulement qu’au tout début de sa carrière…

BONUS : et pendant ce temps là, en coulisses…

Moments rares et instants privilégiés. Voici une petite galerie de ce qui se passait avant, après, ou pendant les concerts…


Nos quatre garçons dans le vent lors de la séance d’interview


Un accès bien réglementé…


Le planning est chargé !


Cette journaliste du New
Times
bénéficie de toute l’attention du groupe.


Scoop : Bob a un morceau de poulet coincé entre deux dents.


Philippe Manoeuvre, incognito…


Sondage : Dave aurait-il grossi ?


Voilà qui laisse Taylor Hawkins perplexe..


Les gars de Saïan Supa Crew enregistrent un jingle pour MTV.


Exclusif : Bob Hardy sourit !


Mr Stéphane Saunier (C+)


Hélas, le sourire de Bob ne dure jamais très longtemps…


Au fond, à droite, Nick Mc Carthy répond à quelques questions.


Patrick Eudeline est dans la place…


En attendant The Departures…


Méchoui pour tout le monde, au porc ou à l’agneau, ou les
deux…


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