Elodie Frégé, Théâtre Marigny, Paris (21.11.2010)
21 heures. Un dernier regard sur la Tour Eiffel qui scintille en haut de l’Avenue Montaigne, dans une brume tenace. Novembre est bien là. Il fait froid, je m’engouffre dans la station Franklin Roosevelt. Ligne 9, direction Mairie de Montreuil. J’ai la la tête ailleurs. Je repense à ce concert d’Élodie Frégé qui vient de prendre fin au Théâtre Marigny.
Déroutante, Élodie Frégé y a encore une fois chanté les amours déçus et les histoires sans lendemain. Un thème qu’elle affectionne et qui flirte parfois avec l’obsessionnel. Élodie y mêlerait-elle une part d’autobiographie ? Elle semble s’en défendre, mais allez savoir…
Sublime, elle s’empare de la scène avec le charisme d’une actrice. L’une de ces stars de la fin des années cinquante dont l’imaginaire populaire a retenu autant l’allure que l’œuvre. Cheveux libres, jambes interminables et collants à couture au bout desquels sont vissés de vertigineux escarpins aux talons ravageurs. Élodie est magnifique. Ma voisine est formelle : « Ce sont des Jimmy Choo ! ». Je la crois sur parole… De mon côté, je m’amuse de la dextérité dont elle fait preuve pour utiliser son pédalier d’effets avec de tels souliers…
Car Élodie travaille sa voix. En direct, elle en change elle-même la couleur en y ajoutant tantôt une Reverb, tantôt un Chorus. Sans donner dans la surenchère, toujours en en conservant l’âme cristalline… Son interprétation de La Fille de l’Après Midi et son exigent refrain en est ainsi la parfaite démonstration.
Elodie sait aussi s’entourer. Florent Marchet lui a offert Ma folie Passagère. Il viendra la chanter avec elle. Plus inattendu, c’est Jean Paul Rouve qui fera irruption du côté droit de la scène pour meubler non sans humour lorsqu’ Élodie devra changer de tenue. Il n’y a bien que le regretté Jacques Lanzmann qui n’a pas fait le déplacement mais qui, quelque-part, doit songer aux vertus et aux bienfaits de La Fidélité…
Du beau monde aussi chez les musiciens. On y retrouve David Hadjaj, qui, quand il ne joue pas les blues/boogie-men pour Bill Deraime remplit l’espace sonore du Théâtre Marigny à l’Onde Martenot… On y retrouve aussi Benjanmin Tesquet, guitariste et bassiste qui a assuré la direction musicale de l’album La Fille de l’Après-Midi…
Bientôt l’heure de conclure la soirée. Elodie Frégé offre au public de Marigny un dernier rappel. Seule. Une lumière, une guitare sèche. Rien d’autre. Une élégante sobriété qui laisse songeur.
Il est 23h20 et j »y pense encore… Je crois bien que le charme de cette fille de l’Après-Midi a opéré…
Photos du concert d’Elodie Frégé au Théâtre Marigny, dimanche 21 novembre 2010
Album disponible
La Fille de l’Après-Midi : à écouter sur Deezer ou sur Spotify, à acheter sur Amazon ou sur iTunes.
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