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« Why Pink Floyd » : rencontrer Nick Mason à Abbey Road… (et adorer ça)

21 juillet 2011 Par 176 lectures 3 commentaires
« Why Pink Floyd » : rencontrer Nick Mason à Abbey Road… (et adorer ça)

La veille, j’en frétillais d’impatience. Rencontrer Nick Mason, batteur de Pink Floyd dans le studio 3 d’Abbey Road, lieu mythique où ont été enregistrés les plus belles masterpieces du groupe. Abbey Road, j’étais passé devant maintes fois. Un jour, pour (re)faire comme beaucoup la fameuse photo du passage piéton, un autre pour essayer d’y entrer et trouver porte close… Un autre jour encore, avant qu’on me demande gentillement de retourner sur le trottoir, j’avais pu observer une quantité importante de matériel ancien dans le couloir d’entrée et les poubelles débordantes du studio (de vieux racks d’effets, des amplis très usagés…). Fascinant.

Pink Floyd le 1er juin 1972. Photo : Storm Thorgerson

Pink Floyd le 1er juin 1972. Photo : Storm Thorgerson

MISE A JOUR du 22/7/2011 : A l’initiative de EMI UK et pour des raisons qui me sont encore inconnues à ce jour, j’ai été contraint de supprimer de cet article tous les extraits audio de l’interview…

Né alors que sortait The Wall

Comment évoquer Pink Floyd sans trahir un attachement qui remonte au début de mon adolescence, la première fois où, un soir d’été, j’entend Francis Zégut passer Comfortably Numb pour clore l’une de ses émissions spéciales estivales. Autant que je me souvienne, George Lang consacrait l’une de ses « sagas » au groupe le samedi suivant. Je pense que si j’avais disposé d’une connexion internet à l’époque, j’aurai téléchargé dans l’heure suivante la discographie complète du groupe. Mais c’est une autre histoire. Il aura donc fallu attendre patiemment. Se renseigner. De conversations de cour de récré avec quelques camarades branchés sur la même longueur d’onde en séances d’archeologie musicale à la bibliothèque locale. Persévérer. Dans le grenier de mes parents, on trouve peut-être encore une cassette sur laquelle j’avais compilé ce que j’avais pu trouver à ma portée à l’époque concernant le groupe. Peut être aussi une vidéo de l’émission Culture Rock, emblématique des premières années de M6 qui, je m’en souviens encore, avait diffusé un documentaire me permettant pour la première fois de mettre enfin des images sur les fameux sons qui m’envoûtaient…

Croyez-le ou non, mais le jour venu, ce 29 juin dernier, j’ai failli ne jamais parvenir jusqu’à Abbey Road. La fatigue du concert d’Arcade Fire la veille, un radio réveil récalcitrant, et me voilà encore chez moi à l’heure où le train de 7h part de la Gare du Nord. Enorme choc. Préparation en quatrième vitesse et arrivée à la gare. Impossible de prendre un autre train sans changer le billet. La queue au guichet de l’Eurostar est plutôt conséquente et impossible de passer devant qui que ce soit. Depuis le guichet, je vois le train de 8h s’en aller. L’affaire commence à se compliquer sévèrement… Coup de téléphone aux gens d’EMI France à Londres pour une petite update sur la situation. « Fais au mieux, mais dépêche toi… ». J’arrive finalement à prendre le train suivant et à arriver vers 10h30 heure de Londres à Saint Pancras. EMI m’a reservé un taxi. Je n’y croyais plus quand tout à coup je reconnais le quartier de Saint John’s Wood. Coup de chance, ce mercredi là à Londres, la circulation est plutôt fluide. J’arrive à moins de 5 minutes de la deuxième session de rendez-vous. C’est gagné, je suis à l’heure pour entrer dans le studio 3 et rencontrer Nick Mason. Enorme « ouf » de soulagement…

Le charmant accueil d'Abbey Road...

Un lieu historique

Abbey Road est l’un de ces endroits mythiques, chargé d’histoire. Dans ces murs, les plus grands ont joué, et ont été enregistrés par les plus grands. Pink Floyd y enregistra toute son oeuvre des débuts jusqu’au milieu des seventies. Le studio a été établi à l’origine par la Gramophone Company dans une maison Géorgienne typique construite vers 1830. Cent ans plus tard, la Gramophone Company transforme donc cette maison en studios d’enregistrement. En 1931, sa fusion avec la Columbia Graphophone Company (la branche anglaise de Columbia Records, alors affranchie) donne naissance à EMI. Abbey Road devient alors « LE » studio d’EMI, et s’appelle d’ailleurs à l’époque EMI Studios. Il faudra attendre la sortie du célèbre album des Beatles pour qu’EMI décide, un an plus tard de renommer l’endroit en « Abbey Road Studios ». Nous sommes en 1970, et pourtant, des disques sortiront encore avec la mention « Gramophone Company, Ltd. » jusqu’en 1973… C’est notamment le cas de The Dark Side of the Moon.

Dans ces murs, se succéderont les Shadows, les Beatles, Jimi Hendrix, Pink Floyd, Queen… et des ingénieurs non moins prestigieux comme George Martin, Geoffrey Emerick, Norman Smith, Alan Parsons, Mike Stone, ou encore Ken Townsend, l’inventeur de l’effet « chorus » pour les besoins de John Lennon pendant l’enregistrement de Revolver. C’est aussi à Abbey Road que les bandes originales de tous les Star Wars ont été enregistrées par le London Philarmonic Orchestra, sous la direction de John Williams… Pour autant, Abbey Road est très loin d’être un musée. L’intérieur est moderne, et de l’aveu même de Nick Mason, tout a été plusieurs fois refait…

L’accueil est flambant neuf, d’un rouge soutenu, les couloirs sont sobres et ce vénérable Studio 3 se trouve équipé de la plus grande console de tout le bâtiment : une majestueuse SSL 9000 J, pouvant accueillir pas moins de 96 pistes en automation complète. Lorsqu’elle a été installée en 2001, cette console était tout simplement la plus grande d’Europe…

A Abbey Road, Pink Floyd et les Beatles se sont rencontrés pour la première fois. Ils occupaient le studio 3 pour travailler sur leur premier album Piper At the Gates Of Dawn pendant que les Fab Four enregistraient avec Norman Smith dans le studio 2. C’était pendant les sessions de Lovely Rita, qui figure Sergent’s Pepper Lonely Hearts Club Band et les membres de Pink Floyd furent subjugués par le professionnalisme des quatre « Big Boys »…

A moins d’être blasé, s’assoir à quelques centimètres de cette console – au milieu de la pièce où Pink Floyd a enregistré 6 albums – et écouter les premieres secondes d’un enregistrement jamais sorti procure une sensation hors du commun, entre extrême fierté de bénéficier de ce privilège, joie intense de vivre le moment, et peur panique de ne pas retenir 100% des informations sonores qui sont alors distillées.

La console SSL 96 pistes du studio 3, à Abbey Road

La console SSL 96 pistes du studio 3, à Abbey Road

7 titres

Sept titres, pas un de plus. C’est ce que j’ai pu écouter de cet énorme projet d’EMI concernant Pink Floyd en 2011-2012 et baptisé « Why Pink Floyd ? ». Les différentes sorties (albums, double-albums, et coffrets) seront réparties en trois « gammes » : Discovery (les rééditions remasterisées des 14 albums studio du groupe et un coffret les rassemblant), Experience (une édition de The Dark Side Of the Moon, Wish You Were Here, et The Wall en version Deluxe, contenant l’album remasterisé et un (ou deux) disque(s) de raretés pour se plonger au coeur du travail d’élaboration des titres) et Immersion (une gamme de coffrets collector contenant de 5 à 7 disques chacun axés sur The Dark Side Of the Moon, Wish You Were Here, et The Wall et rassemblant la totalité des morceaux retrouvés et restaurés par l’équipe, le tout agrémenté de goodies). Enfin, un best-of réunira en un album les plus grands titres du groupe remasterisés et agrémentés d’une pochette originale de Storm Thorgerson. Ainsi, le 26 septembre prochain, sortiront les 14 albums remasterisés, leur coffret, l’édition Deluxe de The Dark Side Of The Moon et le coffret Immersion correspondant. Le 7 novembre, sortira le best-of intitulé A Foot In The Door, l’édition Deluxe de Wish You Were Here, ainsi que son coffret Immersion correspondant. Enfin, le 27 février 2012, EMI introduira dans les bacs l’édition Deluxe de The Wall et, là encore, son coffret Immersion correspondant. L’ensemble sera accompagné de la mise en ligne d’applications iPhone et de versions digitales disponible au téléchargement.

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Malgré le gigantisme du projet, ces sept morceaux présentés à Abbey Road ont pour autant le mérite de réaliser un bon tour d’horizon du projet. De l’aveu même de Nick Mason, cette campagne de réédition est l’initiative d’EMI, et intègre tout le savoir-faire acquis lors de l’élaboration de l’anthologie des Beatles. En fait, le groupe, et Nick Mason en particulier, a commencé à réellement s’impliquer en écoutant les morceaux exhumés pour composer l’album. Tous étaient fascinés par ce témoignage du passé et par ces traces du travail réalisé en amont de l’enregistrement définitif : « the versions before the version ».

Andy Jackson, l’ingénieur qui a travaillé sur l’ensemble du projet en binome avec James Guthrie, a pu également réaliser un travail de restauration, de nombreux enregistrements ayant été détériorés. Seules les technologies actuelles ont pu réaliser des prouesses qui étaient jusqu’alors impossibles. Aussi, les plus grandes difficultés qu’il a rencontré au cours de son travail ont porté sur la partie vidéo. Il a parfois fallu des jours pour comprendre quel bout de film illustrait quel morceau. Le tout en visionnant des bandes vieilles de 30 ans et sans aucun repérage, la notion de timecode étant apparue bien plus tard… Andy qualifie ce travail de « Donkey Work ». Tel un détective, il aura du écouter des dizaines d’heures de musique, en discuter avec Gilmour, Waters, et Mason, pour en apprendre davantage sur l’identité de telle ou telle prise.

Il faut avoir conscience que les enregistrements originaux sont stockées dans d’immenses armoires, une bande par piste. Parfois des bandes entières sont dédiées à une même piste sur laquelle a été ajouté un effet. Une méthode de conservation non destructive. En discutant avec Andy Jackson, on prend conscience plus qu’avec n’importe qui de l’apport énorme du numérique dans ce domaine. En l’état, il faut plusieurs mètres cubes pour contenir les prises studio d’un seul morceau de Pink Floyd

Titre 1 : Breathe (Vidéo, extrait de The Dark Side Of the Moon)

Célèbre introduction sur fond de battements de coeur et des images inédites. Elles étaient à l’orgine projetées lors des concerts de 1975, durant la tournée américaine du groupe.

Titre 2 : The Great Gig in the Sky (Audio, extrait de The Dark Side Of the Moon)

Mix original d’Alan Parsons, réalisé en 1972. Alan Parsons, appelé sur un autre projet n’avait pas pu finir le mixage du disque, laissant Chris Thomas le terminer à sa place. Le rôle exact de Thomas dans Dark Side Of The Moon est encore aujourd’hui sujet à controverse, mais cette version de The Great Gig In The Sky est tout à fait bluffante. Elle est antérieure à la prestation de la chanteuse Clare Torry, qu’Alan Parsons avait, selon Mason, présentée au groupe en vue d’une collaboration sur ce titre. Durant le morceau, la partie de chant majestueuse et bien connue se voit remplacée par des conversation radiophoniques tandis qu’on se délecte du piano de Wright. Magnifique.

Titre 3 : Money (Audio, extrait d’un concert à Wembley 1974)

Il y a eu quatre concerts à Wembley durant cette tournée d’hiver en Grande Bretagne : les 14, 15, 16, et 17 novembre 1974. Le 16, la BBC enregistra le show en stéréo pour une retransmission future. La version que j’ai pu écouter est différente, elle provient de l’enregistrement en multipistes de la console qui a été mixée et remasterisée par Andy Jackson. Je n’ai pas pu savoir quel jour précis a été effectué l’enregistrement, mais cette version de Money est comme jouée à l’époque c’est à dire à un tempo légèrement plus rapide et avec une couleur beaucoup plus rock. Le solo de saxophone est aussi très différent, tandis que le solo de guitare s’avère assez fidèle à la version studio. De nombreux bootlegs, par exemple celui-ci, peuvent vous donner une idée assez précise du titre.

Titre 4 : Shine On Your Crazy Diamond part I-V (Video, extrait de Wish You Were)

Il s’agit ici de mettre en évidence un film inédit et restauré pour l’occasion : l’illustration de  Shine On Your Crazy Diamond par Gerald Scarfe qui réalisera deux ans plus tard tout le graphisme de The Wall. La vidéo commence par une feuille se transformant en silhouette humaine à la manière d’un morphing et qui finit par tomber dans le ciel…

Titre 5 : Wish You Were Here (Audio, extrait de Wish You Were Here)

Durant les sessions d’enregistrement de Wish You Were Here, David Gilmour propose l’idée d’une fin « Country ». Il se trouve, qu’au même moment, dans le studio 1 d’Abbey Road, Stéphane Grappeli enregistrait un album en compagnie de l’immense Yehudi Menuhin. Après quelques négociations (et un cachet), Grapelli est venu improviser sur le titre. Cette version est absolument bluffante, le violon y « remplace » le solo de guitare acoustique qu’on connait. On y devine Grappelli chercher son angle d’attaque, hésitant quelque peu au début, et donner toute la mesure de son talent ensuite dans quelque acrobaties mélodiques dont lui seul détient le secret. L’enregistrement se termine par un fade-out. Presqu’une déception tellement le moment est magique. Pour l’anecdote, Pink Floyd a également proposé à Yehudi Menuhin de venir jouer sur le titre mais celui-ci a refusé, ne se sentant pas d’improviser…

Titre 6 : Another Break in the Wall Part 2 (Work in progress)

Encore une version assez étonnante d’une chanson bien connue du groupe, si ce n’est la plus connue. Il s’agit ici d’un work in progress, c’est à dire une version de travail du titre. Les fans avait déjà pu en découvrir une autre grâce au bootleg « The Wall Under Construction », désormais très facile à trouver et ce depuis l’apparition du Peer-to-Peer au début des années 2000… Cette version semble antérieure. Quelques paroles ne sont pas encore définitives, comme ce « We don’t need no adulation » (et non « education ») que chante Waters. Les cocottes de guitare (le fameux ré mineur…) ne sont pas encore enregistrés non plus, ce qui donne au titre un aspect plus épique et plus épuré. Le solo de fin est absent également. Intéressant témoignage du passé…

Titre 7 : Comfortably Numb (Earl’s Court)

Là encore, les bootleggers ont peut être déjà entendu une ou plusieurs versions de ces concerts de juin 1981 au Earls Court Exhibition Hall. En voici une d’excellente qualité, puisqu’enregistrée en piste séparées à l’époque, et mixée et remasterisée en 2011 par Andy Jackson.

Et après ?

Nick Mason est le seul membre de Pink Floyd ayant joué sur tous les albums du groupe. Il fait partie des fondateurs et a toujours dû composer avec les tensions entre Waters, Gilmour. Une étape indispensable dans la construction du groupe et dans la dynamique créative qui conduit à l’élaboration des morceaux souligne t-il. Nick possède cet indéniable et charmant côté « Gardien du temple ». Il est philosophiquement intéressant d’observer qu’il est aujourd’hui beaucoup investi dans la conservation de l’héritage du groupe alors qu’il fût, à l’époque, peut être le moins impliqué dans l’élaboration des différents titres. Il se définit comme l’immuable « cuisinier du bateau qui reste caché dans sa cuisine lorsque les capitaines se chamaillent sur le pont ».

Lorsqu’on évoque une suite à cette campagne de réédition – le travail réalisé ne se focalisant finalement que sur 3 albums (The Dark Side Of the Moon, Wish You Were Here, et The Wall) parmi une oeuvre bien plus vaste – Nick Mason pense qu’il est envisageable d’imaginer un travail identique autour de The Piper At The Gates Of Down car il sait qu’il existe de nombreuses démos et autre matériels audio qui dorment encore. Peut être sur d’autres albums comme A Saucerful of Secrets ou Atom Heart Mother, « sous réserve de trouver une quantité suffisante et pertinente de matériel », précise t-il.

Aussi, Nick Mason se verrait bien en porte parole, pour défendre les intérêts des jeunes groupes dans une industrie musicale qui a bien changé depuis les débuts du Floyd. « Une voix » pour discuter des questions de droits d’auteur, d’extensions de copyright, de droits digitaux, autant d’épineux sujets auxquels Pink Floyd a été confronté ces dernières années.

En exclusivité sur zdar.net

Parallèllement à la sortie des différents albums et autres coffrets, je vais organiser le plus gros concours de toute l’histoire de ce modeste site Web. Sans rentrer dans les détails pour l’instant, je peux vous annoncer qu’en partenariat avec EMI Music France, vous pourrez gagner sur zdar.net l’intégrale Discovery regroupant les 14 albums remasterisés ainsi qu’un exemplaire de chacun des 3 coffrets Immersion : The Dark Side Of The Moon, Wish You Were Here, et The Wall.

Soyez attentifs. Je vous invite à suivre zdar.net via Facebook ou via Twitter pour être informés sur les étapes à venir de ce concours. Je reviendrai très prochainement là dessus dans un autre billet.

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  • Pink Floyd Interstellar : compte rendu l’exposition de 2004 à la Cité de la Musique.
  • Dans la série « Et adorer ça » : Passer la soirée chez Louis Bertignac (et adorer ça)

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    3 commentaires »

    • Fan a dit:

      Super review, merci beaucoup. :)

    • Axel Chanfrault a dit:

      J’ai cherché pendant 2 minutes les liens de partage…. pour les trouver en haut de l’article. Quelle drôle d’idée! Vous partagez un truc avant de l’avoir lu vous?

    • Axel Chanfrault a dit:

      J’ai cherché pendant 2 minutes les liens de partage… pour les trouver au dessus de l’article!
      Quelle drôle d’idée!? Vous partagez des choses avant de les avoir lues vous?

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