zdar.net

Passionné(e) de musique ?

Viens discuter sur MusicSpot.fr : le portail musical communautaire !

Vous êtes ici : Accueil arrow Music arrow Radiohead: un nouvel arbre qui cache une forêt définitivement incendiée.

Radiohead: un nouvel arbre qui cache une forêt définitivement incendiée.

Imprimer Envoyer par E-mail à un ami
(0 votes)
Benoit Darcy - 21.01.2008
Image
Le 10 octobre dernier, Radiohead mettait à la disposition des internautes son dernier album, In Rainbows

Ce début d'année 2008 ne compte déjà plus les bourrasques qui chaque jour érodent un peu plus le pouvoir des maisons de disque sur le marché de la musique. Dernier mouvement en date, celui des Rolling Stones, rien de moins. Adieu EMI, bonjour Universal, un mercato d'un seul album sur fond de bataille de catalogues.

D'un point de vue business, on observe deux périodes pour les Rolling Stones. L'époque 1963-1971 appartient à Universal, tandis que, jusqu'alors, la période 1971-maintenant était contrôlée par EMI. En réalité, elle l'est toujours, à la différence près que les Stones ne sont plus là. Mick Jagger et les siens ont en effet signé avec Universal pour un album : la B.O. du film de Martin Scorcese, Shine A Light. Universal promet d'ailleurs une sortie simultanée en disque et en fichiers.

Après ? C'est l'inconnu. Un inconnu qui relance le débat de l'utilité des maisons de disque et de leur influence. Et le débat existe bel-et-bien. Si on peut saluer l'initiative de Radiohead, les phantasmes vont à mon avis bon train sur la capacité des artistes à assurer leur promotion, leur marketing, leur distribution. Les exemples existent. C'est vrai. Mais quels sont ces artistes ? Dans la majorité des cas, il s'agit de groupes ou de chanteurs ayant débuté leur carrière avant l'arrivée du MP3 et du téléchargement. Des artistes qui ont construit leur carrière grâce à leur talent - ne remettons jamais cela en cause - mais aussi grâce aux centaines de milliers, parfois aux millions, de dollars dépensé par leur maisons de disque respectives pour les populariser auprès du grand public. Et c'est bien là que se situe l'arnaque.

radiohead
Radiohead (2007)

Facile d'être disruptif (et de le faire savoir) lorsqu'on s'appelle Radiohead, Reznor (Nine Inch Nails), Rolling Stones... Moins facile lorsqu'on tente de sortir du lot sans moyens, même si les réseaux sociaux (MySpace, Facebook et autres) constituent de formidables moyens d'Exposition. Jettons un coup d'oeil aux meilleures ventes de 2007 sur le marché français. En première place, Mika, en deuxième Christophe Maé, en troisième Grégory Lemarchal. Trois artistes fortement soutenus (ie: sur lesquels ont été investits beaucoup d'argent) par des maisons de disques ou des chaînes de TV - parfois les deux, la frontière devenant ténue.

On a écrit des lignes et des lignes sur les purs produits de MySpace et des réseaux sociaux. Les Lily Allen, Artic Monkeys et consorts. Que seraient Lily Allen sans son contrat chez Warner qui lui a permis d'enregistrer les titres déposés sur la fameuse page Myspace qui a généré tant de buzz ? Que seraient les Arctic Monkeys s'ils n'avaient pas été repérés par Domino Records, découvreur de Franz Ferdinand ? Et au fait, en 2007, qui est sorti des réseaux sociaux pour une Exposition de dimension internationale ? Je cherche.

La donne change inexorablement, et la facilité tendrait presque à diminuer. Par facilité, j'entends le fait de propulser automatiquement un groupe au titre de best-seller en pratiquant l'onéreux bourrage de crâne médiatique. Le ROI n'est d'ailleurs pas toujours assuré, on admet couramment, dans cette industrie que seulement un album sur dix est rentable.

Dans les années 90, elles s'appelaient Claudia, Cindy, Naomi... Qui connaît le nom des top-models d'aujourd'hui ? J'observe un phénomène identique dans la musique, cette industrie ne fera bientôt plus rêver. Peut être dans un futur pas si lointain les rockstars interplanétaires n'existeront plus laissant leur place à une multitude de talents, mais de moindre Peut être aussi que celles-ci existeront toujours mais auront écrit leur légende à la sueur de leurs concerts. Peut être enfin qu'un jour le métier de rockstar ne paiera plus en millions mais en dizaines de milliers.

Une certaine forme de facilité a fait croire que le gâteau était immense. Pendant plus de trente ans, cela a été le cas. A la diffusion monolithique de jadis, rendant impossible pour le consommateur moyen de papillonner d'artiste en artiste comme c'est le cas aujourd'hui, s'est substitué le numérique. Plus de choix, plus de comparaison, c'est précisément ceci que le numérique a bouleversé. Bien plus que les modèles de revenus.

slash guitar hero
Slash (ex-guitariste des Guns'n'Roses) apparaît avec d'autres dans le jeu Guitar Hero III

Il devient ainsi de plus en plus difficile de pousser un produit de piètre qualité dans un océan hyperconcurrentiel. Pour la première année, la Star Academy ne remplit plus les salles et ne caracole plus en tête des audiences. Parallèlement le pouvoir d'influence se déplace, parfois de manière contradictoire. Jeux vidéos, tourneurs, opérateurs de services Internet, opérateurs de téléphonie mobile sont devenus les nouveaux relais de popularité pour des artistes dépourvus affranchis de leur maison de disques. L'ère de l'infotainment a bel et bien sonné.

Alors ? Faut il être optimiste ou pessimiste lorsqu'on évoque le futur de l'industrie de la musique. Personnellement, je suis "les deux". Pessimiste parce que la création a un coût et qu'à force de tirer sur la corde, on la menace. Le modèle idyllique des maisons de disque était de profiter des gains générés par les blockbusters pour pouvoir financer les jeunes pousses prometteuses. Ce n'est plus possible aujourd'hui. Pessimiste également parce qu'une industrie ne décline jamais sans conséquences en terme de suppression d'emploi. Optimiste par contre, car, conséquence directe de la baisse des coûts d'enregistrement, la diversité n'a jamais été aussi grande. Optimiste enfin car la perspective de voir se développer les concerts, les festivals et les moyens plus intelligents de faire communiquer fans et artistes m'enthousiasme.

Que celui qui saura prédire l'avenir laisse son commentaire ici :-)

Sur le même sujet :

Relation fan-artiste: Radiohead montre l'exemple
Radiohead à Rock en Seine: les photos
[Video] Rock en Seine 2006 : Radiohead (4/4)
[Video] Rock en Seine 2006 : Radiohead (3/4)
[Video] Rock en Seine 2006 : Radiohead (2/4)
Publier cet article sur : DiggDel.icio.us!FacebookTechnorati
Commentaires
Exprime-toi !
Ton nom:
Ton site web:
Titre:
Security Image
Recopie le code ci-dessus avant de poster.
Dernière mise à jour ( 22.01.2008 )
 
< Article précédent   Article suivant >
Music
section-music.jpg L'actualité musicale par les concerts, les albums, les rencontres, le business...

Vous avez commenté

Vidéo musique

Tu cherches un musicien ?
>> Voir mon profil    
         

Newsletter


Ajouter zdar.net  Ajouter zdar.net  Ajouter zdar.net  Ajouter zdar.net

Sondage

Cette année, vous allez à :

View Benoit Darcy's profile on LinkedIn

Ils sont passés