LeWeb : 2010, une année de consolidation

Retour aux Docks de la Plaine Saint-Denis pour l’édition 2010 de la conférence LeWeb, rendez-vous désormais incontournable du Web mondial. La conférence s’était déjà tenue dans ces lieux en 2007 alors que l’événement s’appelait encore LeWeb3. N’en déplaise aux esprits chagrins, trois ans plus tard, la conférence s’est professionnalisée, et encore plus internationalisée. C’est ainsi que seulement 45% des participants étaient français, la nationalité des 55% restants se répartissant entre 60 pays.

Environ 3000 personnes sont venues assister à LeWeb 2010 (Photo : Olivier Ezratty)

Je ne vais pas rendre compte ici des annonces de chaque acteur présent, vous trouverez tout sur les annonces de Microsoft, Orange, Facebook, MySpace, Twitter, Foursquare et les autres chez Fred Cavazza ou Olivier Ezratty (que je remercie d’ailleurs pour me donner le droit d’utiliser ici quelques unes de ses bien jolies photos).

Con-so-li-dons !

Ce que je trouve particulièrement frappant cette année, c’est ce sentiment de consolidation tous azimuths. Si l’on met de côté les différentes startups présentées dans le cadre du concours ou du hall dédié, peu de services réellement disruptifs ou de nouveaux usages. En 2009, Foursquare et Pearltrees étaient sur toutes les lèvres. Deux ans plus tôt, c’était de Twitter ou de Facebook dont tout le monde parlait. En 2010, force est de constater qu’il n’y a pas tant de nouveaux entrants que ça. On parle des mêmes, à la différence près que les rapports de force ont évolué, les entreprises se sont structurées et les business-models se sont affinés, ou du moins pour certains, sont passe de l’être.

Carlos Ghosn, président du groupe Renault/Dacia/Nissan/Infiniti en ouverture des conférences pléniaires à LeWeb (Photo : Olivier Ezratty)

A l’image de l’interconnexion désormais effective entre MySpace et Facebook, ou l’intégration profonde (au point de ne pas proposer l’identification avec un compte Windows Live) de ce dernier dans Windows Phone 7, le web, dans sa dimension mondiale a gagné en maturité et ne semble plus ignorer les questions qui fâchent, rentabilité et pérennité en tête. L’entropie s’est considérablement amoindrie et les mythiques notions de 2.0 et de UGC (contenu généré par les utilisateurs) semblent déjà bien lointaines…

Deux tendances lourdes

Dès lors, c’est du côté des usages du Web qu’il est intéressant de regarder. Première tendance, la notion de content curation, ou la grande purge du contenu inutile et redondant, après cinq années placés sous le signe de contenu généré par les utilisateurs, et à l’aube de l’ère des fermes de contenu. Il s’agit de donc de réduire l’infobésité, et des services comme Pearltrees comptent bien justement tirer leur épingle du jeu de cette tendance, même si précisément la puissance de ce service est inversement proportionnel à sa facilité de prise en main. Étonnant aussi, que le modèle de rentabilité visé pour Pearltrees soit un financement par la publicité une fois une masse critique d’utilisateurs atteinte plutôt qu’un financement par la vente de leur technologie à des grandes entreprises, qui a mon sens serait plus pertinent. Pour aller plus loin au sujet des content curators, allez donc lire ces articles : 1, 2, 3.

Seconde tendance qui se consolide en 2010 : la géolocalisation. Plus que les réseaux sociaux, la géolocalisation permet d’agréger informations, personnes, et profils. L’intérêt des différents acteurs de la filière s’avère donc très important. A l’image de Dennis Crowley – patron de Foursquare au look de skater adolescent –  dont la start-up n’en finit plus de croitre (en nombre d’utilisateurs du moins), et qui voit 2011 comme l’année de la localisation de son service. Foursquare recrutera donc massivement l’an prochain, y compris en France. Une bonne nouvelle pour tous les professionnels du marketing qui auront enfin des interlocuteurs pour imaginer des opérations bâties sur la géolocalisation…

Marissa Mayer à LeWeb 2010 (Photo : Olivier Ezratty)

Même Google, par la voix de Marissa Mayer, capitalise sur cette tendance et met l’accent sur la nouvelle version de GMM : Google Maps for Mobiles. Au programme : tout passe en vectoriel, la 3D fait son apparition (l’ensemble de Paris sera modélisé dans les semaines à venir), et la vue type « bird’s view » est proposée. Le tout fera sa grande première dans le nouveau Nexus S.

Une bonne édition, peut être la meilleure jusqu’ici

Force est de constater que LeWeb s’est débarrassé de ses démons (les interventions politiques trop présentes, le chauffage, le Wi-Fi…) pour se concentrer sur l’essentiel : les rencontres entre les professionnels de la filière, les conférences (bien que la plupart des discours des grandes entreprises du Web – Google et Facebook en tête – restent très polissés), les ateliers (de très intéressantes présentations de la part de Google et de Facebook – nous y reviendrons) et quelques TED moments, ces petits instants où le tumulte geek du Web s’efface quelque peu pour laisser la place à la réflexion, à la prospective et à l’innovation. Vous pouvez retrouver tout LeWeb 2010 en vidéo sur la chaîne YouTube de l’évènement.
Photos : Merci à Olivier Ezratty (son blog, toutes ses photos sur Darqroom)

Rétroviseur

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