Rock en Seine 2010, jour 2 : LCD Soundsystem surclasse tout

Il y avait donc un concert à ne pas manquer ce samedi 28 août à Rock en Seine : celui de LCD Soundsystem. Veni, Vedi, Vici. Tel un Jules César du beat, James Murphy et ses gladiateurs auront tenu bon, face à la Grande Horde. Une bonne quinzaine de milliers de festivaliers avides de gros son, et chauffés à blanc par la performance des Naive New Beaters à peine achevée à quelques encablures, sur la scène de l’industrie. La plus exigente des assemblées.
La journée avait pourtant commencé dans le calme, dès 15h30, vers la fin du concert de Chew Lips. Vous souvenez-vous de cette charmante découverte du festival des Inrocks l’an dernier ? Si le charme de Tigs opère toujours, la prestation du groupe à Rock en Seine fût relativement fade, et au final, laissant une impression très éloignée de celle de La Boule Noire l’an dernier. La faute à des conditions peu avantageuses (horaires, météo) ? A vérifier.
Autre chanteuse, et charisme à revendre avec Viva and the Diva, une formation originaire de Nantes qui aurait dû être One Night Band. Lors du festival Jazz à la Vilette 2009, et pour les besoins d’une carte blanche à Sonic Youth, le groupe s’est formé et l’éphémère a perduré jusqu’à Rock en Seine et cette excellente prestation sur la scène de l’industrie. Voilà un groupe qu’il faudra suivre dans les prochains mois.

Viva and the Diva

Je fais l’impasse sur Plan B, pour visiter l’exposition de photos de Richard Bellia (j’y reviendrai dans un billet dédié…) et retomber en adolescence grâce aux Stereophonics. J’espérai beaucoup de leur concert au Main Square Festival, mais hélas, des ennuis techniques les auront contraints à jouer seulement quelques titres et qui plus est en acoustique.  Autant dire que j’attendais de pied ferme ce show de rattrapage à Rock en Seine. Ce fût une réussite. Un retour vers le passé dans la continuité de la journée flashback du vendredi (Underworld, Cypress Hill, Blink 182…). Un show emprunt d’une maitrise que seule la maturité et des années de tournée peuvent amener. La setlist était déjà truffé de hits, mais l’intro de Dakota rend les fans littéralement hystériques. Wow !

J’attends la fin de ce titre phare pour transhumer jusqu’à la scène de la casacade au Martina Topley Bird commence son show. Je fait l’impasse sur les niçois de Quadricolor, déjà croisés lors du Rock dans tous ses Etats à Evreux. L’ancienne femme de Tricky collabore aujourd’hui à Massive Attack et remplaçait ici au pied levé Où est le Swimming Pool, dont le chanteur s’est suicidé, lors du festival Pukkelpop il y a quelques jours. Martina lui dédiera d’ailleurs un morceau, respiration mâtinée de recueillement dans un set tout en légèreté, où la mécanlolie tient une place importante, sans jamais tomber dans le pathos. Difficile équilibre ici parfaitement maîtrisé. L’un des bons moments de cette journée. Elle vient de sortir son troisième album Some Place Simple. Achetez-le les yeux fermés.

Martina Topley Bird

Un crochet par la scène de la cascade pour planer quelques minutes sur Jonsi, le leader de Sigur Ros. Il a beau jouer en acoustique (suite à un souci de transport du matériel de tournée, une partie étant resté au Portugal), sa prestation est hallucinante. Difficile de redescendre…

Jonsi

Direction la grande scène, où le gros son de Queen Of the Stone Age remplit l’espace. J’écoute certes d’une oreille distraite, conversant avec quelques collègues, mais assez pour vérifier une fois de plus que ce groupe ne séduit pas. Josh Homme est pourtant tellement meilleur dans Them Crooked Vultures, pourquoi perdre son temps au sein d’une formation mineure ?
LCD Soundsystem, voilà bien par contre un projet qui pourrait devenir majeur. La gloire universelle est en effet bien proche et c’est avec des prestations comme celle de samedi que leur electro-punk (ou leur dance-rock, c’est selon…) poursuit sa conquête, scène après scène, festival après festival. Leur concert à Rock en Seine fût tout simplement l’un des meilleurs moments de ces trois jours, sinon le meilleur. Un excellent choix de programmation, même si la formation aurait dû à mon sens profiter de la grande scène.

LCD SoundSystem

Comment poursuivre après une telle excitation ? En allant voir Jello Biafra sur la scène d’à côté bien sûr. Quand le leader des Dead Kennedys se mue en chirurgien-hurleur, accompagné de ses élèves de la Guantanamo School of Medecine. Le savant fou, vétu de sa blouse sanguinolente et les mains gantées de caoutchouc maculé de sang, harangue la foule qui s’excite follement. Voilà pourquoi les Dead Kennedys étaient tant indispensables. Une lutte permanente contre l’ordre établi et la bien-pensance. Du Biafra tout craché.

Jello Biafra

Retour sur la grande scène où Massive Attack a déjà entammé sa messe. Quelques titres franchement mous jusqu’à un Teardrop salavateur qui reveille l’auditoire. La magie finit par opérer.

Public dense pour le concert de Massive Attack

Cette journée se termine avec un dernier passage du côté de la scène de la cascade ou 2 Many DJ’s officie aux platines. S’ils sont parfois méprisés par les spécialistes pour leur trop importante préparation et donc la faible part laissée au live, leur set n’en reste pas moins d’une efficacité folle. Rock en Seine à minuit, ce samedi, ressemblait à un gigantesque dancefloor multi-générationnel…

Rock en Seine 2010 : comptes-rendu et photos

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