Rock en Seine 2010, jour 1 : sous le signe du flashback

Ceux qui n’auront pas pu apprécier – faute d’arriver en début d’après midi – la modernité de The Kooks, Foals ou encore des groupes sélectionnés dans le cadre du tremplin Avant Seine (Rocken is Dodelijk, King Of Conspiracy) garderont le souvenir d’une première journée placée sous le signe du retour aux sources, voire même du flashback
D’abord avec Skunk Anansie. On se souvient de son passage sur Rock en Seine en 2006, dans sa formule « Skin ». Skunk Anansie nous emmène cette fois au milieu des années 90 et nous renvoie l’image d’une Deborah Dyer en pleine gloire, le poing levé pour l’interprétation d’Hedonism. Souvenirs…
Souvenirs également pour Cypress Hill, ménageant leur arrivée. Un premier titre à trois. Suprenant. Où est Sen Dog ? Le bougre arrive sur le deuxième titre, bondissant tel un cabri en rût et enfonçant le clou du Hip-Hop chicano d’un B-Real très en verve. La nostalgie opère. Et quant ce même B-Real s’allume un joint au milieu de la scène, on jumpe en reprenant en choeur I Wanna Get High et en se disant que faire venir ces californiens à Rock en Seine était un pari risqué, mais qui s’avère mille fois réussi.

Direction la scène de la cascade pour Black Rebel Motorcycle Club. Endeuillé quelques jours avant le début du festival (décès du père du bassiste, également ingénieur du son du groupe), leur présence n’était pas acquise. Les californiens ont pourtant tenus leur engagement. Après une vingtaine de minutes convenues, le groupe semble avoir libéré toute sa puissance. Le final fût épique, avec un Whatever Happened To My Rock’n’roll qui fût synonyme de transe pour beaucoup.

Quelques minutes d’attente, le temps de se restaurer, et nous voilà devant un cube noir planté au milieu de la scène de l’industrie. Deux oreilles rondes se pointent devant la foule, c’est DeadMau5, l’anti-Mickey canadien. Première rencontre live en ce qui me concerne avec cet énergumène, et  largement de quoi classer le tout dans le dossier « mémorable ». Un show coloré, des effets scéniques originaux et une house addictive. Il a fallu s’y arracher pour aller rendre visite à Tom Delonge et sa bande.


Direction la grande scène donc, avec une marée humaine dont la moyenne d’âge ne devait pas dépasser 16 ans. C’est que Blink-182 attire un public majoritairement adolescent, avec ses looks et ses codes… Côté scène, Tom Delonge joue faux, chante faux, Travis Barker frappe comme un sourd et Mark Hoppus égraine ses notes comme on assène des uppercuts. Dans ces conditions, difficile de faire dans le subtil, mais le public n’est pas là pour ça. L’important ici, c’est de lever bien haut ses mains en satan-fingers – les trois quart du public n’en connaissent pas la réelle signification – et de crier le plus fort possible. Plus fort que le voisin, a minima.

Guide de survie pour le festivalier à la trentaine dépassée ? Fuir ! Se réfugier à droite de la scène, où quelques vieux de 42 ans se mêlent à des VIP divers et avariés ayant déserté le bar pour venir s’encanailler. On ne boude tout de même pas son plaisir lorsque certains hymnes retentissent (What’s my age again, First Date, All The Small Things) , quand Travis Barker fait des 360° grâce à une plateforme tournante, ou quand le groupe conclut son set avec Family Reunion, le titre mythique placé sur la compilation de Fat Wreck Chords (LE label…) qui a fait un temps référence dans le punk-rock à la fin des 90’s. Flashback, puisque je vous le disais…

Et Flashback toujours avec Underworld, dont la plus récente production Oblivion with Bells (2007) avait été jugé très inégale.  Ils reviendront bientôt avec Barking, dont la sortie est prévue dans une quinzaine de jours. En attendant, leur show à Rock en Seine fût emprunt d’une classe bien anglaise, au charme parfois suranné, projetant les festivaliers quelques années en arrière. Le climax est atteint lorsque résonne les premières nappes de Born Slippy – version avec paroles – autrement dit, la B.O. du légendaire Trainspotting. C’est la fin du set. On a fait moins classe pour accompagner la fin de cette première journée de Rock en Seine 2010…

Rock en Seine 2010 : comptes-rendu et photos

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