Edges : la compilation electro selon Diesel

Les marques l’ont bien compris : pour se démarquer de la conccurence et pour faire comprendre au public un nouveau positionnement, une compilation musicale constitue un atout de choix. Côut de production léger, impact fort sur les cibles visées, et parfois même, véritable créativité au rendez-vous. Le marketing par la musique ou « De l’art de bien compiler… »Ainsi, la marque Maje avait créé l’évènement en distribuant dans ses points de ventes (et même ailleurs) une compilation surfant sur le revival du folk-rock, authentifié par les bien-pensants de la musique comme un phénomène démarrant en 2007. Pour vous remémorer les tenant et les aboutissants de cette compilation folk, je vous conseille cet article sur MusicSpot.fr : Le prêt à porter en mécène du Folk.
Cette fois, ce n’est plus de folk qu’il s’agit, mais d’Electro. Et c’est la marque Diesel qui s’y colle, à base de slogan universel : « La bande son d’une nouvelle génération électronique française ». Pas moins. Diesel souhaiterait donc changer d’image de marque. Si on s’en tient strictement à la musique, Diesel souhaite toucher un public plutôt electro là où ses jeans se vendent plutôt aujourd’hui à un public hip-hop…
On retrouve sur cette compil baptisée Edges, A new french electronic generation, et dont la sortie est prévue au 15 juin prochain, 16 titres en provenance de l’avant-garde electro du moment. La plupart des artistes présent sont assez inconnus. Certains se sont tout de même fait remarqués en produisant des remixes pour Metronomy, Sébastien Tellier, c’est ainsi le cas de Breakbot par exemple, pour ne citer que lui.
Je vous propose justement d’écouter le titre de Breakbot. Il ouvre la compil’ sous le nom de Penelope Pitstop.
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Je vous laisse enfin, avec le « track by track » tel qu’on le trouve dans le dossier de presse de cette compilation Diesel :

Breakbot – Penelope Pitstop
Attention, sous ses airs de Jésus, ce type est un messie. Pas loin d’être le meilleur
remixeur au monde du moment (Metronomy, Pnau, Sebastien Tellier), Breakbot sera
l’un des grands de l’électro de 2009. On pense à la première french touch, Justice et
Vladimir Cosma, sur ce track. C’est bon signe…

Donovan – Wonderland

On ne sait pas où se trouve exactement ce « wonderland », mais il fait bon s’y attarder
un peu. Le duo Donovan fait des chansons pour les jeunes filles en fleur, de la dance
pour garçons sensibles, un peu comme si les Daft Punk embauchaient Chromeo et un
Kanye West particulièrement bien luné pour faire une petite balade au pays de la disco
pop ensoleillée. Gros potentiel « roulage de pelles » sur la piste de danse.
Dilemn – Modern Slave

La jeunesse parle à la jeunesse. Messe noire et chaos ténébreux, dont le style haché
rappelle un certain Oizo, ce « modern slave » de Dilemn ne laisse pas le choix à
l’auditeur : devenir esclave de beat syncopé ultra groovy et vraiment très méchant.
Mondkopf – Chaos Is Mine
Un titre pour croire en Dieu, avec des chants célestes un peu gothiques et des ryhtmes
sombres et détraqués qui avancent lentement vers la lumière. Le chaos n’est qu’une
illusion…le salut t’attend en after sur le dancefloor moite!

Discodeine – Invert (Parce que édit)

Ok pour le disco, mais danse sa version obscure alors, plus codéine que MDMA quoi.
Et dans le genre « dark disco », ce track est une vraie drogue, ça s’insinue par tous les
pores pour se loger dans le cerveau avant de redescendre dans les jambes, qui
deviennent indépendantes du reste du corps. Pas étonnant, c’est les deux sorciers
Benjamin Morando (ancien Octet) et Pilooski (le roi de l’edit) les fournisseurs.
Rove Dogs – Innocence lost
Rove Dogs est grand et beau, mais heureusement il n’y a pas que le physique dans la
vie. Ce morceau prend l’auditeur par l’épaule et l’amène loin. Et pas besoin d’aimer la
minimale pour se laisser avoir par cette ritournelle faussement « downtempo » et
vraiment pop dans l’âme.

Digikid84 – Bboy underground (Long version)

Vous vous souvenez de la première fois que vous avez entendu le « Blue Monday » de
New Order? Il y a quelque chose de l’ordre de la même évidence dans les synthés,
vocaux et gimmicks (en plus ghettotech) de ce « Bboy Underground » qui devrait pas
le rester longtemps, underground.
Djedjotronic – James
L’époque est brutale, et le clubber n’aime pas s’ennuyer. C’est le moment de la compil
où on monte le son, et on mouille la chemise. Le gars est signé chez Boys Noize
Records, et il n’a rien à envier à l’efficacité dancefloor indiscutable de son boss. Ah oui,
Busy P l’aime beaucoup. Et Busy a souvent raison.

Chateau Marmont – Solar Apex

Moroder? Kraftwerk ? Tellier? « Solar Apex » c’est pas la vie de château, mais plutôt
« life on Mars ». Un aller-simple vers une autre galaxie, pas très loin du soleil, dans un
autre espace temps, dont on ne revient pas tout à fait indemne.
Anoraak – Make it Better
A Nantes, une poignée d’aventuriers réinventent la pop romantique des années 80.
Anoraak, l’un des plus flamboyants représentants de cette scène «électro cosmique
rétro futurtiste » très « endless summer » nous sert ici un vrai tube. Des synthés
vintage aériens, une voix mélancolique, un groove quasi italo disco : « Make It
Better », on peut pas faire mieux!
Gentlemen Drivers – Nationale 66
En général les deux Gentlemen Drivers (Mica et Benoît) conduisent des gros calibre
qui vous transportent direct sur la route de l’enfer (le péril club) quelque part entre
Detroit et Chicago. Ici ils prennent des risquent en empruntant une « Nationale 66 »
plus italo disco et poppy que dirty-ghetto-tech. Et là encore, y a des chevaux sous le
capot!
Stereoheroes – Lamborghini Lungs (Spoek & CV)
Marseille, cité des chaînes en or qui brillent et des tongs, ok, on sait. Mais depuis les
Stereoheroes, c’est complètement le Bronx dans le Sud. Ici, les Lamborghini bougent
toutes seules comme dans les clips de r’n’b et le flow ne sonnerait pas honteux sur
une instru de Crookers. Haut niveau!
Danger – 88:88 (Stage 3 – The Club – Danger Edit)
Attention, gros tube! Le lyonnais Danger aime quand ça déménage et qu’il reste des
séquelles. Il le démontre avec maestria sur cette prod toxique, massive et en têtante
qui réveillerait un dancefloor mort.
Spitzer – Odessa (spring version)
Petite pause électronica de bon aloi. Une jolie respiration pour reposer les pieds. Mais
pour combien de temps?
Nil Hartman – La datafunk
C’est beau, mélodique, pur, humain, amusant et puissant. La « datafunk », c’est un
peu un nouveau « Da Funk » : ça devrait mettre tout le monde d’accord, du petit
cousin fan de Boards Of Canada à la grande sœur qui veut aller danser pour tout
oublier.
SPA – Piano magic
Une chanson pour réconcilier les hommes et les animaux. Spa se dit inspiré «
initialement par les  comportements animaliers, notre musique est à la fois calme,
joyeuse, violente et dark… une versatilité qu’on peut attendre d’un animal faisant de la
musique ». Une bonne façon de terminer une compilation, revenir à ses instincts
primaires et danser comme des bêtes. Penser aux voisins : n’oublier pas de mettre le
son à fond.

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