Hadopi : un témoignage de Gérald Genty

Gérald Genty constitue l’un des meilleurs representants de la fine fleur des artistes perpétuant la chanson française minimaliste. Un tiroir où, s’il existait, on rangerait un Matthieu Boogaerts, à côté d’un Jipé Nataf (Les Innocents). Il y ‘aurait aussi un Ours et une Clarika qui passeraient par là… Oui, Gérald Genty est bourré de talent. Non, Gérald Genty n’est pas mainstream. Il n’empêche, bien que peu téléchargé, son ressenti de la crise du disque est bien réél, et son éclairage intéressant mérite d’être versé au dossier.
Gérald Genty : Ma position sur le téléchargement illégal et la loi Hadopi ? Elle est très claire. Je suis pour le rétablissement de la guillotine, suivit de pendaison. Ce n’est on en peut plus clair. Ca c’est ma position entre le sérieux et al déconne. Sérieusement, on est touché par le téléchargement. Quand je lis, par exemple, que Iggy Pop dit qu’il s’en fout . Ok, sa carrière est faite. Même si nous, nous ne sommes pas tant télécharger que ça, parce que nous sommes des « chanteurs pas très connus », parce qu’on a un groupe de gens qui nous aiment bien, qui sont conscient de nos problèmes, et du coup ont tendance à acheter des albums.
Au global, dans la maison de disque dans laquelle je suis (Wagram) il y a moins d’argent qui entre. S’il y a moins d’argent qui entre, il y a moins d’argent qui est investi. A mon niveau je le ressens quand je dois faire des dates de concert. Des dates que j’aurais pu faire à un endroit parce qu’elles étaient parrainées par la maison de disque. La maison de disque estime que tel endroit n’est pas commercialement et stratégiquement essentiel pour y aller, mais qu’elle va quand même mettre un petit peu d’argent pour que tu puisse aller jouer là-bas. C’est ce qu’on appel le support tour. C’est de l’argent qui sert à tourner, et cet argent là il n’existe plus.
Au bout du compte, il y a plein d’artistes qui avec le téléchargement illégal, même si on ne les télécharge pas eux, vont peut-être disparaître.

EXTRAIT d’une interview à paraître sur MusicSpot.fr.

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0 réponse sur “Hadopi : un témoignage de Gérald Genty”

  1. Je pense qu’il faut vraiment être d’une mauvaise foi incroyable pour déclarer que le téléchargement illégal ne change rien au monde musical… Autour de moi, les musiciens que je connaissais dans les années 90 ont progressivement changés de boulot, et ceux qui ont eu le malheur de vouloir vivre de leur art ces dernières années, galère comme des ânes pour se faire produire…
    Mais j’ai espoir pour eux qu’on finisse par trouver des solutions, et pas forcément que répressives 😉

  2. Il faut quand même reconnaître qu’internet et le téléchargement n’ont pas que des aspects négatifs pour les artistes.
    Beaucoup de groupes ne seraient pas connus aujourd’hui si leur musique n’avait pas été échangée massivement sur les réseaux peer to peer.
    Ces outils offrent des possibilités de promotion jamais vues.
    Certes ils ne permettent pas de rémunérer les artistes. C’est un problème majeur j’en convient, mais le fait est qu’on ne pourra jamais plus empécher la libre circulation de la musique, contrairement à ce que le gouvernement veut nous faire croire (cf loi Hadopi).
    Il va donc falloir trouver une autre solution

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