Loi Hadopi rejetée : pas de joie, mais plutôt la consternation

Ainsi donc, le texte de loi Hadopi vient d’être rejeté par l’assemblé nationale. Dans l’esprit de bon nombre d’internautes, c’est la joie qui s’affiche aujourd’hui. Dans le mien, c’est la consternation. Comment peut-on se réjouir de voir que la création d’oeuvres artistiques et la rémunération de leurs auteurs intéressent 36 de nos parlementaires ? Incroyable, seulement 36 personnes se sont déplacés à l’Assemblée Nationale pour procéder au vote d’Hadopi. Si bien que la loi a été voté à main levée : 21 voix contre, 15 pour. Plus qu’un rejet : une parodie de vote ! Au delà du revers subit par l’équipe Albanel et le gouvernement, c’est bien plus loin qu’il faut regarder. Détracteurs d’Hadopi, je suis bien d’accord avec vous, cette loi est mauvaise et ne permettra ni d’enrayer le piratage, ni de relancer le marché de la création, et surtout pas de rémunérer les auteurs d’oeuvres de l’esprit à une valeur permettant d’en envisager le caractère professionnel. Il n’empêche, le temps des ricanements est bel et bien révolu. Que fait-on maintenant ? Continuera t-on de se gausser sans cesse dans un débat d’adolescents ? C’est maintenant à la filière de prendre la parole. Les nouveaux modèles de rémunération ne pourront pas être inventés par des gestionnaires, qui par définition sont vides de toute inventivité. Non, l’heure n’est pas aux réjouissances. Plus que jamais, c’est la réflexion qui doit s’imposer.

A lire en complément : les premières réactions officielles face à ce rejet d’Hadopi.

0 réponse sur “Loi Hadopi rejetée : pas de joie, mais plutôt la consternation”

  1. « Continuera t-on de se gausser sans cesse dans un débat d’adolescents ? C’est maintenant à la filière de prendre la parole. Les nouveaux modèles de rémunération ne pourront pas être inventés par des gestionnaires, qui par définition sont vides de toute inventivité. Non, l’heure n’est pas aux réjouissances. Plus que jamais, c’est la réflexion qui doit s’imposer. »
    J’aimes tes envolées utopiques 🙂
    Le texte sera réprésenté tel quel, les sbires auront reçu quelques coup de fouets par supertalonnettes, il n’y aura pas de week-end prolongé, le texte sera adopté. Point final. Alors autant se réjouir parce qu’il fait beau, demain sera moins rose.
    36 votants sur 577. Et dire qu’en période d’élections, les abstentionnistes sont montrés du doigts par les mêmes députés…

  2. Bah, justement, l’utopie ça serait de croire que des gestionnaires vont trouver une solution.
    Concrétement : le texte va etre représenté à l’Assemblée (dans la même mouture que précédement), mais sera de nouveau ouverte aux amendements, ce qui promet un joyeux bordel. Ensuite retour au Sénat et si modification, il reviendra devant l’Assemblée…
    Donc peut être qu’en effet oui, Hadopi va être votée tôt ou tard.
    Mais après, on fait quoi ?

  3. Le système économique de rémunération de la filière ne peut pas rester en l’état. La réponse est à aller chercher du côté de la relation entre les fans et les artistes et de l’accès aux contenus. Ce n’est plus celui qui détient le contenu qui gagne la partie, mais celui qui le fait passer le mieux possible. C’est ce qu’à changé Internet dans la musique IMHO.
    Tiens pour aller plus loin : regarde cette case study au MIDEM de janvier.
    http://www.youtube.com/watch?v=Njuo1puB1lg
    Since completing his earlier major record label contract, musician Trent Reznor has been experimenting with a variety of new and unique business models for his band, Nine Inch Nails, to reach and connect with fans. This case study explores Reznor’s experiments, examining what has worked and what has not – and why.
    Speaker: Michael Masnick (Editor/President & CEO, Techdirt Blog/Floor64)

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