LeWeb3 : Start-up cherche business-model

LeWeb3 est un bon endroit pour assister à des présentations de start-up diverses et variées. Un hall y est même consacré cette année, c’est dire l’importance de la chose. J’assistais cet après midi à quelques présentations, sous la houlette de Thomas Crampton. Sept minutes pour convaincre, l’exercice est bien connu, souvent maîtrisé, parfois réussi, toujours redouté.

Ce qui est intéressant, c’est surtout d’observer le mouvement des VC (les investisseurs, ceux qui ont l’argent). Bonne idée, potentiel de revenus, voilà des qualités qui assurent en général un échange de carte. « On se rappelle plus tard, pour creuser un peu le modèle économique ». Car en fait, tout est là. Le Business plan, le fameux. Avec le temps, j’ai acquis le sentiment qu’une levée de fonds n’est pas une chose inaccessible au commun des mortels. Imaginer un (vrai) modèle de revenus, c’est autre chose.

Parfois (souvent), la vie d’une start-up ne se résume qu’à raconter une belle histoire, convaincre un investisseur d’injecter des fonds et mettre plusieurs mois à les dépenser en espérant trouver la liane suivante à laquelle s’accrocher. En fait, des comme ça aujourd’hui, il y en avait plein. A la question (que personne ne posera) : « Que ceux qui génèrent des revenus [susceptible de faire vivre une entreprise] lèvent la main », personne ne répondra, et peu de mains se léveront. Ou au contraire toutes les mains… Regardez-donc ce qu’on peut lire aujourd’hui sur Mashable : « Aujourd?hui, Twitter a rendu cette information publique et a déclaré avoir levé 4,8 millions de $ (pour un montant total de 5,4 millions de $ en incluant les autres investisseurs: Charles River Ventures, Marc Andreesen, Dick Costolo, Ron Conway et Naval Ravikant). Voilà de quoi tenir encore quelques mois en SMS (en attendant la prochaine levée de fonds). ». Symptomatique, non ?

On en revient au point de départ, inventer une source de revenus, c’est compliqué. Cet après-midi, on discutait avec Tariq Krim et Freddy Mini, respectivement CEO et COO de Netvibes. Tariq nous montre son Netvibes social (Ginger) et la manière de syndiquer toute sa vie sociale dans son portail : son Facebook, son LinkedIn, son Youtube, son Flickr, etc. Bref une bien jolie histoire. Passée la présentation des nouvelles features venaient les questions liées aux revenus. Et force est de constater que les idées ne manquent pas chez Netvibes.

Je n’avais pas eu cette impression l’an dernier par exemple, le discours étant monopolisé par le show-off des widgets. Le saint grâal ? La publicité ultraciblée, perçue par le consommateur comme de « l’information d’achat ». Le chemin à parcourir ? Long, concède le CEO. Mais Netvibes a plusieurs cartes dans son jeu. Selon Tariq, 2008 sera clairement l’année de la monétisation des widgets : Widgets dont la mise en place est payante car mettant en scène plusieurs flux RSS rubriqués, revenue-share sur le trafic généré, etc. Ensuite il faudra analyser le comportement des utilisateurs et tester des modèles de revenus basés sur le comportement des users. Un travail de longue haleine.

J’ai tout de même le sentiment, concernant Netvibes, qu’on s’approche d’une équation du type : produit (le widget) + manière de le diffuser (le portail personnalisé) + contrôle de cette diffusion (éditorialisation du portail). Une somme qui pourrait s’avérer payante à terme, surtout si Netvibes arrive à concrétiser ses discussions avec Google au sujet d’Open Social. Vous avez parlé de pain sur la planche ?

Au fait, pourquoi pas un jour la mise sur orbite d’un studio de développement de Widgets. Un bon business pour des programmeurs qui seraient à même de répondre aux attentes de sociétés désireuses d’être rapidement présente sur une plateforme via un rectangle logotypé… Mais ça, ce n’est pas spécifique à Netvibes, n’est-ce pas ?

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