iPhone : pourquoi je ne vais pas l'acheter

L’iPhone est un merveilleux produit. Attrayant, distinguant, mais pas innovant. L’interface elle est innovante, oui, mais le reste non. A mon sens, l’iPhone est un produit qui ne répond pas à mes attentes en matière de terminal mobile. Quelques explications à travers deux études trouvées chez Ipsos et Sofres.

L’étude Ipsos porte sur les usages de l’Internet mobile. Elle a un peu moins d’un an, mais je n’ai pas le sentiment que les choses aient beaucoup évolué. Voici son principal enseignement en image :

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L’étude Sofres quant à elle tente (entre autres) de classer les usages d’un terminal mobile. Ce qui donne :

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Les huits points

  • Envoyer des SMS
  • Prendre des photos
  • Utiliser la calculatrice
  • Envoyer des photos ou des vidéos
  • Filmer, faire des vidéos
  • Jouer
  • Ecouter de la musique
  • Consulter des sites sur Internet

Voilà un canevas tout trouvé pour expliquer point par point pourquoi l’iPhone me déçoit à bien des égards.

  • Envoyer des SMS. Le clavier est difficilement praticable. Je pensais le marché revenu du « tout-tactile ». Les expérience malheureuses de Psion et des Handeld/PC n’auront donc pas servi à grand chose. A l’heure où le SMS est la fonction la plus utilisée sur un téléphone mobile, l’ergonomie du clavier de l’iPhone n’est pas assez aboutie pour remplir cette fonction de manière non déceptive. Et l’habitude n’y change rien. On tape mieux, mais la solution à clavier physique demeure plus efficace, quoiqu’il arrive. RIM et son BlackBerry, Palm et son Tréo ont encore à ce niveaux de beaux jours devant eux.
  • Prendre des photos. L’iPhone peut prendre des photos, c’est un fait avéré. Il gère d’ailleurs la bibliothèque de photos plutôt très bien, avec de merveilleux effets de transition et une interaction avec les doigts de l’utilisateur maximale lorsqu’il s’agit de zoomer, et de passer d’une photo à la suivante. Reste que, sur le plan matériel, le capteur est limité à  2 millions de pixels et surtout, l’appareil ne dispose même pas d’un flash d’appoint. L’air de rien, ce flash sauve une photo « souvenir » en pleine soirée, au moment même où on se rend compte qu’on a oublié le vrai appareil à la maison. Un exemple ?
  • Utiliser la calculatrice. De ce point de vue. L’iPhone remplit parfaitement son office. En même temps, pour être mauvais sur la fonction calculatrice, il faut vraiment y aller…
  • Envoyer des photos ou des vidéos. Avez vous essayé d’envoyer une photo en Bluetooth à un ami ? Pas possible. Inadmissible. Quant aux vidéos… comment dire… L’iPhone n’a pas de fonction d’enregistrement de vidéo.
  • Filmer, faire des vidéos. Pas de fonction d’enregistrement vidéo, et donc pas de port d’extension. N’espérez pas mettre une carte SD dans un iPhone pour réaliser des petits films de manière confortable. Sans compter la capacité maximale de l’appareil cantonné à  8 Go à  l’heure où l’iPod Touch, « son homologue sans téléphone » affiche déjà 16 Go au compteur…
  • Jouer. Les jeux vidéos constituent un autre axe important de développement du marché de la téléphonie mobile. Ce n’est pas pour rien si Nokia, ayant enfin encaissé l’échec de sa console N-Gage, réutilise la marque pour désigner une plateforme de développement de jeux sur mobiles à l’avenir prometteur. Comment l’iPhone et son seul écran tactile va pouvoir satisfaire les besoin des Gameloft et autres développeurs. Certes, on peut pareil sur quelques réussites vidéo-ludique tirant parti du capteur de mouvement et de l’écran haute résolution, mais je suis convaincu qu’il ne s’agira que de réussites très contenues. Tactile seul, non. En revanche, tactile associé à des touches physique : oui. C’est précisément le pari réussi de la Nintendo DS, techniquement bien inférieure à la PSP de Sony et pourtant plus plébsicitée par le public. On me confirme à l’instant chez Gamekult qu’environ 50 millions de DS ont été vendues dans le monde contre la moitié pour la PSP.
  • Ecouter de la musique. Voilà  bien le domaine où l’iPhone préside. De loin. Pour le coup, cette interface est magique dès lors qu’il s’agit de gérer sa bibliothéque musicale. On est à ce niveau pas loin de la perfection. C’est ce qui d’ailleurs me fait réfléchir sur l’existence de l’iPod Touch. Le fait qu’Apple ait sorti « un iPhone sans téléphone » n’est pas anodin. J’y vois presque un aveu de justesse par rapport aux fonctionnalités de son iPhone…
  • Consulter des sites sur Internet. La navigation sur Internet en situation de mobilité constitue le second point fort de l’iPhone. Mais là  encore, Apple n’a pas un comportement disruptif, à l’interface près. Etre disruptif à ce niveau, cela aurait été de proposer une compatibilité avec Flash, gros manque dans les navigateurs mobile à l’heure actuelle. Au lieu de ça, nous avons le droit à une prestation à peine supérieure à ce que propose le browser de Nokia, largement salué par les utilisateurs…
  • Géolocalisation et TV mobile

    Au delà de ces huit points, il y a deux autres domaines qui n’apparaissent pas dans les deux études mais qui ont, à mon sens une importance grandissante : la géolocalisation et la tv sur mobiles. La géolocalisation sur un mobile (en gros, la présence d’un GPS…) n’a pour moi pas vocation à remplacer un système de navigation dans une voiture. Même si sur ce point le service rendu par les modèles de téléphones équipés de GPS est à la hauteur en matière de navigation, la vraie bataille se situe sur le terrain des services. A partir de la position déterminée par la puce GPS, le téléphone est capable de se connecter à différents services géolocalisés et contextuels. Voilà pour moi où se situe l’avenir.

    Enfin, si Youtube est bien présent dans l’iPhone – et c’est une bonne chose – la vidéo de type broadcast est belle et bien absente. En France, 2008 risque d’être l’année où la « télévision mobile personnelle » va voir le jour pour le grand public. J’ai déjà eu l’occasion de tester de nombreux mobiles compatibles avec la norme retenue par le gouvernement. Des constructeurs comme Nokia, LG, ou Samsung ont pris une avance considérable en la matière. Dès que les forfaits seront adaptés, la TV sur mobile décollera. Et l’iPhone restera sur la piste d’envol ?
    La vraie question à propos de l’iPhone reste pour moi : est-ce que Apple va réussir le même tour de force qu’avec son iPod ? C’est à dire avoir un produit techniquement inférieur à d’autres acteurs du marché (Archos par exemple) mais disposant d’un capital d’adoption massif et d’un impact sociétal tellement grand qu’il en arrive à éclipser complétement ses défauts techniques. Sans parler du marketing l’une des forces d’Apple, de tous temps.

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