Quelques heures à l'expo "John Lennon Unfinished Music"

Depuis quelques années, la cité de la musique de la Porte de Pantin accueille des expositions dédiées à des légendes de la musique Rock du XXème siècle. Après Jimi Hendrix en 2002, Pink Floyd en 2004, c’est depuis octobre 2005 John Lennon qui détient la vedette de l’espace d’exposition temporaire. Voilà plus de 25 ans que l’icône des Beatles s’est éteint, assassiné par un fan, Mark Chapman au pied de sa résidence de New York un 8 décembre 1980.
L’exposition présente Lennon sous plusieurs visages. S’il y a eu un avant et un après Yoko Ono dans sa musique, il y a eu un avant et un après dans sa vie, ce que l’exposition souligne en consacrant un étage à sa période Beatles jusqu’à la rencontre avec Yoko (son enfance, les Quarrymen, les années 50, la Beatlemania, le début des sixties), et un autre au couple artistique qu’il formait avec la japonaise durant les seventies…
Ainsi, même si l’idée de départ est excellente et la surface d’exposition conséquente, quelle déception de voir aussi peu de pièces originales. Quelques manuscrits de chansons et autres dessins d’enfance ici ou là, quelques tenues de scène, deux ou trois objets cultes issus du Fan-art de l’époque Beatles, et c’en est fini pour les pièces originales. J’en oublierai presque cette Telecaster noire presque cachée dans un recoin de l’exposition. Ne la manquez pas, il s’agit du seul instrument orginal ayant réellement appartenu à l’artiste et dont il a joué sur scène. Les autres guitares ou amplis présents sur le site ne sont que des prêts des maisons Epiphone, Gibson, et Vox. Modèles neufs, impeccables, sans une seule rayure… On pourrait presque parler d’imposture si les pancartes ne mentionnaient pas la provenance de l’instrument. Sur ce point précis, l’exposition Lennon se montre bien moins ambitieuse que celles consacrées à Pink Floyd ou encore à Jimi Hendrix. De véritables instruments de légende avaient pour l’occasion été exhumés des coffres-forts.
L’étage consacré à la seconde période de sa vie s’avère davantage consacré à Yoko Ono qu’à John Lennon, même si les parallèles entre son couple et son cheminement personnel sont évidents. Insupportables, ces boxes, en retrait, où l’on visionne sur des écrans minuscules les performances farfelues de Yoko Ono sous acide, avec en point d’orgue ce concert du Plastic Ono Band à Toronto où un Eric Clapton invité sur scène doit supporter les cris de la japonaise entre deux notes de sa Les Paul. Enfin, si vous ne l’avez pas déjà vu dans une de ses multidiffusions sur les chaînes musicales du câble, le documentaire de Raymond Depardon tourné dans la semaine suivant la mort du chanteur demeure incontournable : la détresse d’une génération y est saisie à jamais par le réalisateur français.
John Lennon Unfinished Music, Cité de la Musique, Porte de Pantin, jusqu’au 25 juin 2006.
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